LA LOMITA
Escribo mientras viajo - Journal de bord
Versión disponible español, ilustración hecha a mano
Comme je rencontre des gens, j’ai envie de raconter des histoires. Celle-ci s’adresse à mes amis, ma famille, les curieux et les passionnées de voyage. Au cœur de la sierra argentine, je vous invite à suivre une aventure à La Lomita.
EPISODE 1 SALSIPUEDES _
C’est une petite ville de la Sierras Chicas, située dans la province de Cordoba en Argentine.
C’est ici que je vis depuis le mois de mars. Avant, je savais que Cordoba était en Espagne mais je n’avais jamais entendu parler de Cordoba en Argentine. Je n’avais pas spécialement envie d’y aller. Pour te dire au départ je devais aller en Colombie.
Je m’appelle Charlotte, on est le 13 janvier d’une nouvelle année et je suis encore dans les aurevoirs. Cette fois-ci, je m’envole à destination de l’Amérique du Sud, aller simple - Montevideo.
J’ai dans l’idée de voyager pour élargir mes horizons artistiques. Je reste un mois en Uruguay, dans une association d’artistes ‘ por amor al arte’ où je peins mon premier mural. Puis, je traverse el Rio de la Plata pour me rendre en Argentine.
Littéralement Sal-si-puedes veut dire « sors si tu peux ». Je n’avais pas remarqué le jeu de mot avant que l’on me l’explique. C’est une blague locale adressée aux nouveaux arrivants, tu es mis au défis de réussir à partir.
Plusieurs légendes locales sont à l’origine de ce drôle de nom, l’une d’entre elle évoque une bataille entre deux hommes, l’un prenant l’avantage sur l’autre, le propulsant dans le rio en lui criant « sors si tu peux »
Une autre version plus romantique mentionne un lieu tellement magnifique qu’il serait difficile dans partir « Sal si puedes de este lugar tan hermoso ».
Vendredi 7 Mars,
Plan B, après une mésaventure dans le désert de Neuquen, je tire un trait sur deux mois de projet dans un institut d’anglais. Il fallait quitter ce lieu qui ne voulait pas de moi.
Sans vraiment réfléchir à ce que j’allais faire, je saute dans le premier bus de nuit pour Cordoba, pour y retrouver Salie. Une amie que j’ai rencontré dans un précédent volontariat lors de mon arrivée en Argentine. En passant, je sollicite un coup de pouce à la Madre Tierra, on sait jamais.
Salie est américaine et vit en Argentine depuis une dizaine d’année, elle est professeur d’anglais. Elle me propose son aide. Elle sait ; elle sait qu’en tant expatriée et voyageuse, il y a des moments de doutes et de vulnérabilité.
Elle contacte son ex compagnon avec qui elle a crée une communauté au Sud de Cordoba. Elle, n’y vit plus. Une famille a une chambre de libre, j’y suis la bienvenue si j’ai envie. Elle m’avertit du confort sommaire, douche et toilette extérieure, et l’hiver arrivant, il va faire froid.
Je suis dans le bus, je tremble jusqu’à l’os. Je ne comprendrai jamais cette obsession des compagnies de bus pour la climatisation. Je n’arrive pas à dormir, je dédramatise et sillonne les groupes de volontariat par curiosité. Je vois une annonce qui retient mon attention, je regarde la date de publication datant de quelques semaines. Mince, dommage. Je ferme mon téléphone en pensant que ça ne doit plus être disponible.
J’écoute la vie du bus. Le bruit des fermetures éclairs qui se ferment ; le couinement du siège en faux cuir quand le voisin gesticule ; les odeurs d’homme assis depuis sept heures ; le film d’animation qui tourne sur les écrans ; l’adolescent qui fixe son téléphone portable ; les soupirs d’impatience et de fatigue. Je ferme les yeux et j’attends que le temps passe.
Quelques heures s’écoulent, température : proche de la Sibérie, heures dormies : zéro. Je repense à l’annonce. J’aimerais bien la relire mais je ne me souviens plus où je l’ai vu. Réfléchis, réfléchis.
Je retombe dessus. Je lis plus attentivement cette fois-ci, elle est bien écrite, belle présentation, bien organisée, projets artistiques… ( à posteriori je comprendrais qu’une fameuse intelligence artificielle faisait partie de l’embuscade).
Je n’ai rien à perdre à demander. Par paresse, j’ouvre google traduction pour qu’il rédige un texte convenable et j’y joins quelques dessins. Message envoyé, aïe je n’ai pas pensé qu’il était 4h30 du matin. Il risque de me prendre une pour folle. Je m’en fiche, au mieux je le rencontrerai jamais, au mieux il sera compréhensif.
J’arrive en décomposition à Cordoba, je récupère mon sac, direction l’auberge de jeunesse.
A la sortie de la gare routière, une horde de taxi se jette sur moi, une file de cent mètres de voitures jaunes. Je panique, je m’éloigne tant pis je marcherais.
Check-in à onze heure. J’ai deux heures devant moi avant d’aller dormir. J’opte pour le musée, ce n’est pas trop fatiguant et il commence à pleuvoir. Je finis au musée de la femme, puis je m’apercevoir qu’on est le 8 mars et que c’est la Journée de la Femme. Tiens une synchronicité.
11h01, je suis au chaud dans mon lit. Je dois retrouver Salie dans l’après-midi, j’ai complètement oublié cette histoire de volontariat. Je ressens toujours un plaisir coupable de dormir en pleine journée en auberge alors que je pourrais m’adonner à la visite des meilleurs lieux touristiques.
A mon réveil, j’ai un message d’un certain Baby John, c’est qui lui ? Le volontariat ! Montagne russe émotionnelle, il m’annonce qu’il y a de la place pour lundi prochain. Le dix sept ? Non après demain.. ok encore mieux je n’ai pas envie de payer une auberge toute la semaine.
Je remercie rapidement l’Univers de me sortir de cette situation avec une facilité déconcertante et je pars en balade avec Salie.
Dimanche soir à l’auberge. Les autres commencent à me faire stresser. Ils posent beaucoup de questions sur ma destination. J’avoue que je n’ai pas pensé à demander des informations. Par souci de sécurité, j’envoie un message à une copine pour lui dire où je vais, mais j’ai un bon pressentiment. Je m’endors sereine.
Lundi 10 Mars,
Salsipuedes_ J’attends assise, à l’ombre, sur la murette de la police municipale. Il fait chaud. Je ne sais ni qui, ni comment on va venir me chercher.
Une moto bleue arrive.. euh et mon sac il va où ? On monte, au ralenti. J’ai presque envie de descendre de la moto et marcher à coté. Le mec à l’air cool, il a quelque chose dans le regard.
EPISODE 2 : “Bienvenue à la Lomita, à suivre…
Como voy conociendo gente, tengo ganas de contar historias. Esta está dirigida a mis amigos, mi familia, los curiosos y los apasionados por los viajes. En el corazón de la sierra argentina, los invito a seguir una aventura en La Lomita.
EPISODIO 1 SALSIPUEDES _
Es un pequeño pueblo de las Sierras Chicas, ubicado en la provincia de Cordoba, en Argentina.
Es aquí donde vivo desde el mes de marzo. Antes, sabía que Córdoba estaba en España, pero nunca había oído hablar de Cordoba en Argentina. No tenía muchas ganas de venir. Para decirte la verdad, al principio tenía pensado ir a Colombia.
Me llamo Charlotte, hoy es 13 de enero de un nuevo año y todavía estoy en las despedidas. Esta vez, me voy rumbo a Sudamérica, solo ida – Montevideo.
Tengo en mente viajar para ampliar mis horizontes artísticos. Me quedo un mes en Uruguay, en una asociación de artistas "Por amor al arte", donde pinto mi primer mural. Luego cruzo el Río de la Plata para ir a Argentina.
Literalmente, Sal-si-puedes significa "sal si puedes". No me había dado cuenta del juego de palabras hasta que me lo explicaron. Es una broma local dirigida a los recién llegados, te desafían a lograr irte.
Varias leyendas locales explican el origen de este nombre tan curioso. Una de ellas habla de una pelea entre dos hombres, donde uno se impone al otro y lo lanza al río gritando: “¡Sal si puedes!”
Otra versión más romántica menciona un lugar tan hermoso que sería difícil irse de él: “Sal si puedes de este lugar tan hermoso”.
Viernes 7 de marzo,
Plan B. Después de una mala experiencia en el desierto de Neuquén, dejo atrás dos meses de proyecto en un instituto de inglés. Había que salir de ese lugar que no me quería.
Sin pensar mucho en lo que iba a hacer, me subo al primer bus nocturno a Cordoba, para reencontrarme con Salie. Una amiga que conocí en un voluntariado anterior cuando llegué a Argentina. De paso, le pido una manito a la Madre Tierra, por si acaso.
Salie es estadounidense y vive en Argentina desde hace unos diez años, es profesora de inglés. Me ofrece su ayuda. Ella sabe; sabe que como expatriada y viajera hay momentos de dudas y vulnerabilidad.
Contacta a su ex compañero, con quien creó una comunidad al sur de Córdoba. Ella ya no vive ahí. Una familia tiene un cuarto libre, soy bienvenida si quiero. Me advierte que las comodidades son básicas, ducha y baño exterior, y con el invierno acercándose, va a hacer frío.
Estoy en el bus, tiritando hasta los huesos. Nunca voy a entender esa obsesión de las compañías de bus con el aire acondicionado. No logro dormir, trato de relativizar y empiezo a recorrer los grupos de voluntariado por curiosidad. Veo un anuncio que llama mi atención, miro la fecha de publicación, de hace unas semanas. Qué pena, ya debe estar ocupado. Cierro el teléfono pensando que ya no debe estar disponible.
Escucho la vida del bus. El sonido de los cierres al cerrarse; el crujido del asiento de cuero falso cuando el vecino se mueve; el olor de hombres sentados hace siete horas; la película animada que pasa en las pantallas; el adolescente mirando fijamente su celular ; los suspiros de impaciencia y cansancio. Cierro los ojos y espero que pase el tiempo.
Pasan unas horas. Temperatura: parecida a Siberia. Horas dormidas: cero. Vuelvo a pensar en el anuncio. Me gustaría leerlo de nuevo pero no me acuerdo dónde lo vi. Piensa, piensa…
Lo vuelvo a encontrar. Esta vez lo leo con más atención, está bien escrito, buena presentación, bien organizado, proyectos artísticos… (a posteriori entendería que una famosa inteligencia artificial formaba parte de la emboscada).
No tengo nada que perder con preguntar. Por pereza, abro Google Traducción para redactar un texto decente. Mensaje enviado. Uy, no pensé que eran las 4:30 de la mañana. Va a pensar que estoy loca. No me importa, con suerte nunca lo conoceré, o con suerte será comprensivo.
Llego hecha un desastre a Córdoba, recupero mi mochila, me voy rumbo al hostal.
A la salida de la terminal de ómnibus, una horda de taxis se me lanza encima, una fila de cien metros de autos amarillos. Entro en pánico, me alejo, no importa, voy a caminar.
Check-in a las once. Tengo dos horas antes de irme a dormir. Elijo ir al museo, no es muy cansador y empieza a llover. Termino en el Museo de la Mujer, antes de darme cuenta de que es 8 de marzo y es el Día de la Mujer. Mira vos, una sincronicidad.
11:01, estoy en mi cama. Tengo que encontrarme con Salie por la tarde. Me olvidé por completo de esa historia del voluntariado. Siempre siento un placer culposo al dormir de día en un hostal cuando podría estar recorriendo los mejores lugares turísticos.
Al despertar, tengo un mensaje de un tal Baby John. ¿Quién es? ¡El voluntariado! Montaña rusa emocional. Me dice que hay lugar para el lunes próximo. ¿El dieci-siete? No, pasado mañana… mejor aún, no quiero pagar el hostal toda la semana.
Agradezco rápidamente al Universo por haberme sacado de esa situación con una facilidad increíble, y me voy a pasear con Salie.
Domingo por la noche en el hostal. Los demás me empiezan a estresar. Hacen muchas preguntas sobre mi destino. La verdad es que no pensé en pedir informaciónes. Por seguridad, le mando un mensaje a una amiga para decirle adónde voy, pero tengo un buen presentimiento. Me duermo tranquila.
Lunes 10 de marzo,
Salsipuedes. Estoy esperando sentada, a la sombra, en el murito de la policía municipal. Hace calor. No sé quién ni cómo me van a venir a buscar.
Llega una moto azul… eh, ¿y mi mochila dónde va? Nos subimos, despacito. Casi me dan ganas de bajarme de la moto y caminar al lado. El tipo parece buena onda, tiene algo en la mirada.
EPISODE 2 : “Bienvenido a La Lomita”, à suivre…



Que hermosoooooooOoooooooOooo!!! Que bonito escribís y cómo me encanta leerlo!!!! Besos!!!